Comme des vacances (ou presque) à la mer

Vendredi 14 décembre 2012
Dunedin – Taieri Mouth / 37 km

Comme la nuit passée, je me réveille avant 4h du matin : le décalage horaire ne passe pas pour moi. Alors que Nico roupille sans problème, je n’arrive qu’à somnoler jusqu’à l’heure de se lever.

Douche et petit déjeuner et nous voici partis sur les vélos, pour le vrai début du voyage. Alors que j’ai soigneusement conçu des premières étapes courtes histoire de se mettre en jambe tranquillement, j’ai visiblement oublié un facteur important : Dunedin se trouve en bord de mer mais dans une sorte de cuvette. La sortie de ville se fait par un quartier résidentiel mais surtout par 150m de montée en moins d’un kilomètre et demi… Un bon début à pousser le vélo plutôt que pédaler donc, c’est encourageant pour la suite. Par contre, la récompense de cette grosse suée est une magnifique descente en ligne droite où, arrivée à plus de 60km/h, je commence à flipper un peu et à freiner un poil. Nico se fait plaisir à 71km/h. La suite se fait bien, sur de la route touristique côtière et les successions de montées et descentes sont peu de chose comparées au début de matinée. Par contre, le vent souffle bien et plutôt de face. Et le soleil tape extrêmement fort, nous aurons le soir de sacrés coups de soleil.

Nous pique-niquons sur un bout de plage, quelques kilomètres avant notre étape du jour. Au petit camping de Taieri Mouth où nous nous arrêtons, nous posons la tente dans un endroit abrité du vent et, une fois dans la salle commune à bouquiner, le temps se gâte : les bourrasques se font plus fortes et quelques grains passent. Nous passons l’après-midi à lire, avec une courte balade à la plage, qui est magnifique mais où le vent nous refroidit très vite (alors qu’il faisait si bon au soleil le matin même).

Le vent finit par tomber dans la soirée mais nous n’avons aucune indication sur la météo prévue pour demain… Nous allons nous coucher au son entêtant et incessant des moutons.

 

Samedi 15 décembre 2012
Taieri Mouth – Kaitangata / 58 km – moyenne : 14,80 km/h – vitesse max : 52,42 km/h

Ce matin, encore une fois, je me réveille vers 4h30. Je me décide à bouquiner quand la lumière est suffisante, vers 7h, alors que Nico continue de dormir profondément… Comme il ne nous reste plus trop de pain, nous petit-déjeunons léger et réglons mon dérailleur qui a eu quelques problème la veille quand je passais le petit plateau : vu que des dénivelés nous attendent, je tiens à mon plus petit développement et n’ai pas trop envie de dérailler dès qu’une grosse côte se présente. Le problème plus ou moins résolu, nous partons un peu après 10h30. Le début se fait sans soucis mais les choses sérieuses commencent lorsque nous nous engageons sur de la route de gravelle : ça monte et ça descend, presque au point de faire passer la sortie de Dunedin pour de la blagounette. J’avais cru le plus difficile passé la veille mais, en fait, non, là aussi c’est du sérieux ! Les montées sont raides et j’en termine un certain nombre à pied, la gravelle n’arrangeant rien.

Globalement, il y a peu de circulation, nous ne sommes en effet pas sur un itinéraire principal. Le voile nuageux du matin se dissipe et le soleil tape de nouveau à plein. Nous crevons de chaud. Nous finissons par nous arrêter 11km avant Milton (où nous pensions nous ravitailler pour déjeuner), sur un bord de route à l’ombre rare, et nous faisons cuire une grosse portion de pâtes au thon. Le festin passe comme une lettre à la poste : nous avons sans doute dépensé une bonne dose de calories dans la matinée. Pour échapper un peu au soleil et à la chaleur, nous restons une petite demi-heure dans un mini coin d’ombre à bouquiner puis repartons.

Le chemin jusque Milton, largement goudronné et plat, est un vrai plaisir ! Nous trouvons un petit supermarché où acheter pain, fromage, pâtes, etc. Les gens en nous voyant nous font la plupart la remarque « Hey ! Beau temps pour faire du vélo, non ? ». Hum, comment dire… Le thermomète en ville indique peut-être 18°C mais, franchement, ça nous semble plus et c’est une journée qui nous paraît plutôt un peu trop chaude pour faire du vélo. Nous nous descendons d’ailleurs directement sur place un litre de jus de fruit, sur le parking.

Nous repartons, sur la route principale cette fois-ci, avant de la quitter quelques kilomètres plus loin pour retourner de nouveau vers la côte. La route reste goudronnée mais de nouveau en montagnes russes, surmontables toutefois, malgré le petit vent de face, juste suffisant pour être agaçant. Nous arrivons finalement au camping de Kaitangata vers 17h, pas mal fourbus. Le tenancier, qui fait égalemen office de pizzaiolo local, nous offre un « stromboli » (sorte de grosse pâte à pizza fourrée de divers ingrédients laitiers et végétaux) qui, ma foi, se laisse assez bien manger malgré sa taille honorable.

Nous sommes tous les deux claqués et nous couchons tôt. Je réalise que le casque de vélo n’est pas très couvrant en ayant l’impression que mes oreilles ont été remplacées par des radiateurs.

 

Dimanche 16 décembre 2012
Kaitangata – Surat Bay / 69 km – moyenne : 16,35 km/h – vitesse max : 59,91 km/h

Ma première nuit presque normale ! Je me réveille à 6h et je parviens à somnoler encore deux bonnes heures : je pense que j’arrive à surmonter le décalage horaire. Ce matin, le temps est encore au grand beau. Nous prenons notre temps et partons vers 10h (c’est toujours mieux que les matin précédents toutefois). Le début monte et descend comme la fin de journée de la veille puis nous prenons la scenic road qui mène jusque Kaka Point. Les décors sont très changeant : parfois on se croirait dans des polders, parfois dans du bocage normand. Puis, c’est l’arrivée au bord de l’Océan. Encore et toujours, le soleil tape fort et nous prenons cher !

Nous décidons de faire l’aller-retour à Nugget Point, par une route de gravelle de 8km, avec quelques bonnes montées. Je dois mettre pied à terre pour l’une d’elle et le soleil rend l’effort encore plus pénible. Du sentier qui mène au phare, nous apercevons des lions de mer ou des phoques, sorte de grosses limaces sur les rochers en contrebas. La vue est vraiment belle.

Nous pique-niquons à l’ombres des toilettes du parking. D’accord, ce n’est pas hyper romantique mais ça semble être le seul coin d’ombre à 10 bornes à la ronde. Nous restons même là une bonne heure pour se reposer un peu et espérer que le soleil tape moins fort plus tard. Nous finissons tout de même par repartir et la route de gravelle se fait mieux dans l’autre sens : il y a plus de descentes et les montées sont moins raides. C’est ensuite le retour sur la route « normale » avec, comme cela semble obligé, de bonnes montées (et les descentes qui vont avec). Je me décide enfin à couvrir mes oreilles bien cramées en portant mon buff en merinos sous le casque.

Nous arrivons à notre auberge à Surat Bay (réservée pour deux nuits) un peu après 17h, alors que le temps commence à fraîchir. Nous passons un peu de temps à discuter avec les proprios, des français très sympas, avant de profiter d’une bonne douche.

Après dîner, je vais me balader un peu à la plage, dans l’espoir de voir des sea lions ou des fur seals mais je n’en rencontre aucun. Ceci dit, avec l’atmosphère un peu brumeuse au dessus de l’océan, les nuages et une très légère pluie, le paysage est magnifique et on ne peut pas dire que je sois emmerdée par la foule…

6 Comments

on “Comme des vacances (ou presque) à la mer
6 Comments on “Comme des vacances (ou presque) à la mer
  1. Je rêve où vous avez vraiment fait la montée de Nugget Point en vélo ? Bande de tarés !

    J’avais été pris en stop par des russes à l’aller et j’avais fait le retour à pied, tout doucement.

    Z’avez vu des pingouins au moins ?

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