On n’avance à rien dans c’canoé…

Après trois jours de Great Walk, le programme est à… trois jours de Great Walk ! Avec toutefois une petite variante : nous n’allons pas marcher, non, non, non. En effet, la Whanganui Journey est la seule Great Walk qui se pagaie, puisqu’il s’agit de descendre une rivière. Jean et Beth ont leur propre kayak et nous avons en plus loué un canoé.

Nous les avons donc rejoint à Ohakune en fin d’après-midi. A leur arrivée, nous commençons par faire les provisions ensemble pour les quelques jours à venir. Comme il n’y aura pas de portage, nous sommes moins regardant que d’habitude sur la légèreté. Nous allons ensuite dîner dans un resto sympa avant de rejoindre le Holiday Camp de Raetihi. A notre arrivée, nous avons droit à un diaporama sur les consignes de sécurité et les choses à savoir à propos de la rivière. On nous remet des bidons étanches pour y mettre nos affaires, nous prenons nos douches et au dodo vers 23h.

Le lendemain matin, réveil à 6h pétantes. Nous finalisation le remplissage des bidons, grignotons quelques biscuits, gonflons le kayak et, ensuite, attendons que les autres groupes qui partent pour la rivière soient prêts. Finalement, le départ en minibus se fait vers 8h15 au lieu des 7h30 prévues. La route pour atteindre notre point de mise à l’eau est plutôt longue (nous repassons par National Park) mais nous finissons par arriver à Whakahoro, sur la Whanganui River. Tout le monde décharge les canoés de la remorque, fixe les bidons et, vers 10h45, premier coup de pagaie sous un soleil qui tape dur.

1h après, nous nous arrêtons sur une mini plage pour bruncher : saucisses, oeufs, bacon, beans, etc. Nous faisons une petite pause plus tard à Mangapapa campsite où nous profitons des toilettes et de la citerne d’eau. Enfin, nous prenons un snack vers 16h un peu avant Ohauora campsite. Il est finalement 19h passées lorsque nous arrivons à notre étape du jour, après 37,5 km : John Coull Hut. En plus, pour une fois, nous avons pagayé ce qu’indiquaient les temps du DOC. Visiblement, nous sommes nettement moins efficaces sur l’eau que sur terre…

Avec nos pauses cuisine, même si nous ne sommes pas partis les derniers, nous ne sommes certainement pas les premiers arrivés. Le camping n’est pas bien grand et c’est un peu la bataille pour trouver un endroit où monter les deux tentes côte à côte. Les sandflies aussi veulent leur part du gateau mais nous avons, heureusement, un répulsif super efficace (une révélation !). Les quelques tables de pique-nique sont également prises d’assaut, inutile de penser à préparer à manger sur l’une d’elles. Nous optons finalement pour un squattage en règle de la terrasse de la Hut. Nous faisons la joie d’une famille d’Auckland qui nous regarde préparer notre semoule et nos légumes comme s’ils étaient devant Top Chef. Les courgettes ne sont pas assez cuites, la semoule trop sèche, nous n’avons que deux petites popotes, pour éplucher, couper, cuire : tout ça amuse en tout cas beaucoup les gamines qui ont déjà hâte de voir ce qu’on aura au menu le lendemain soir après ce premier contact avec la « french cuisine ». Nous terminons le dîner sur une boisson chaude et des biscuits et allons nous coucher après 22h.

Nico et moi passons une très bonne nuit et sommes réveillés à 7h.

Jean et Beth, qui débutent juste leurs vacances, eux, profitent d’une grasse matinée jusque 9h. Nous bouquinons en les attendant. Lorsqu’ils se lèvent, nous prenons un copieux petit-déjeuner et rangeons les affaires. Avec tout ça, nous partons les avant-derniers de tout le campement, vers 11h. La brume matinale a disparu et il fait une chaleur à crever.

Après une heure et demi (9,5 km) à pagayer, nous faisons un premier arrêt snack, toilettes, recharge d’eau au Mangawaiiti Campsite.

Notre amarrage suivant est à Mangapurua landing d’où part une balade vers le Bridge of Nowhere, où nous déjeunons à 15h.

Je suis avec Jean dans le canoé et nous voyons beaucoup d’oiseauw, notamment quelques superbes martins-pêcheurs, posés sur les berges ou filant devant nous à toute allure. Comme nous avons pris notre temps, tout à la fois ce matin pour partir et une fois embarqués pour pagayer, nous avons l’impression d’être seuls sur la rivière, ce qui est vraiment chouette.

Finalement, nous n’arrivons à Tīeke Kāinga qu’après 19h (et donc 29 km au total), bons derniers mais juste à temps pour la cérémonie de bienvenue Maori. N’ayant pas eu les explications préliminaires, nous sommes un peu perdus mais survivons à l’épreuve. Nico et moi restons ensuite écouter le Park Ranger, et membre de la tribu maori locale, qui nous présente l’histoire de son peuple et du lieu ainsi que le bras de fer juridique entamé depuis quelques années afin faire reconnaître leur droits sur leurs terre et de recevoir des compensations du gouvernement néo-zélandais et de la couronne britannique pour les 150 dernières années d’occupation illégale. Le discours est bien rodé, certains points peuvent sans aucun doute prêter à discussion, d’autres paraissent évident, mais l’échange est super intéressant.

Avec tout ça, nous finissons par dîner après 21h, dans une performance culinaire qu’encore une fois les Aucklandais auraient appréciée à sa juste valeur. (Nous les croiserons le lendemain et les parents nous diront que les filles ont beaucoup regretté de ne pas avoir assisté au spectacle)

Après quelques aventures liées à l’apparition soudaine de possums dans tout le camping (je vous raconterai ça plus tard, si vous êtes sages), nous nous couchons après 23h.

En ce dernier jour, comme nous avons une heure de récupération par le loueur fixée à 14h, nous nous levons à 7h et partons à 8h45, avec le flot des autres canots. Le temps est encore magnifique.

Nous faisons une pause entre 11h30 et midi et passons quelques rapides. Pour le dernier rapide, le clou de la rando, que seulement 50% des embarcations passent sans passer à l’eau, il y a la queue. Depuis la fil d’attente, nous voyons beaucoup de chavirages. Nous nous lançons avec Beth, nous embarquons beaucoup d’eau mais en sortons presque dignement. Jean et Nico dans le kayak passent sans aucun soucis. Nous restons après ça une vingtaine de minutes sur les rochers, à regarder les canots passer, ou chavirer, ou embarquer tellement d’eau qu’ils en coulent presque.

Finalement, nous atteignons Pīpīriki (après cette étape de 21,5 km) à 14h pile. Le temps de décharger les bidons, de mettre les embarcations dans les remorques, d’avoir une place dans un mini-bus, nous ne quittons les lieux qu’à 15h10 et sommes de retour à Raetihi à 16h. Là, nous avons la joie de trouver un barbecue de petites saucisses et des jus de fruits qui nous attendent. Nous nous réconfortons avec ça, vidons les bidons, chargeons la voiture et reprenons la route de Wellington.

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