On dirait le sud…

Comme prévu, ma colocataire d’un soir se réveille tôt. Elle s’agite un peu pour ranger ses affaires mais ne fait rien qui puisse réellement me détourner du sommeil. Comme à mon habitude, je sors du lit vers 8h et vais petit-déjeuner. En descendant, je la vois avec un autre randonneur se mettre en chemin.

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Après un jus d’orange, un croissant, du chocolat chaud et quelques tartines, je remonte ranger mon sac. Tout est sec ! (sauf les chaussures, très légèrement humides). Je paye ma nuit et me mets en route sur les coups de 9h15 alors qu’il bruine très faiblement. Je décide d’y aller tranquillement et je marche d’un pas de promeneuse. Ce n’est pas désagréable. Le chemin est surtout forestier même si, parfois, le paysage se laisse apercevoir à travers les arbres.

Je croise pas mal de chenilles processionnaires.

Alors qu’il commence à faire faim, vers 13h et quelques, je me prends une grosse averse sur le coin du nez, pendant une bonne demi-heure. Le temps d’arriver à Saint-Germain-de-Calberte où je m’arrête donc une bonne heure pour pique-niquer et sécher, sous l’église et face à la vue.

Puis, c’est reparti vers 14h45. Je commence à guetter les potentiels point de bivouac mais rien ne me satisfait vraiment.

Finalement, après une encore belle averse sur les coups de 16h, j’en arrive aux environs de Saint-Etienne-Vallée-Française.

J’envisage un moment de bivouaquer en bord de rivière où je bouquine une vingtaine de minutes. Mais un père et sa fille font de l’endroit un lieu de promenade et je crains de n’être pas assez isolée à mon goût. Je repars donc pour le gîte d’étape un peu plus loin : il s’agit d’une belle bâtisse en pierre magnifique avec une extension véranda de rêve mais, hélas, pas encore ouvert pour la saison. La propriétaire me conseille le camping un peu plus loin et essaie même de les appeler pour moi.
Je me remets donc en route car ce n’est pas tout à fait la porte à côté : encore un petit bout de départementale à marcher, un raccourcis par un sentier et voilà, moins d’une heure plus tard j’y suis.
Il n’y a pas foule. Je paie (8€, encore la ruine…), pose mon abri et vais prendre une douche.
Ensuite, c’est opération dîner. Tout le bois mort est mouillé par la pluie des dernières 36 heures, c’est donc un peu la galère. En plus, j’ai décidé de me faire des lentilles. Ça prends de la patience mais j’arrive finalement à les faire cuire. Par contre, 150 grammes de lentilles, c’est trop. 100 grammes, ou peut-être même 80 grammes, auraient suffit…

On ne change pas une équipe qui gagne et, au matin, je me lève vers 8h. Le feu pour le petit-déjeuner est un peu moins laborieux que la veille. Il fait beau mais le sol reste humide des pluies des jours précédents. Même en partant vers 9h45, je ne parviens pas à faire sécher le tarp.
Je pars à très petit rythme, profitant du temps. L’air est saturé de pollen jaune-vert. Je mets environ deux heures pour arriver au col de Saint-Pierre.

Je descends un peu derrière et, après midi, je trouve un coin sympa où me poser, faire sécher l’abri, bouquiner et pique-niquer.

Je n’en repars qu’à 14h. La fin est de la descente vers Saint-Jean-du-Gard et encore un peu trop de route à mon goût.

En ville, je vais me poser devant l’Office de Tourisme pour réfléchir à mon logement du soir. Après un choux blanc téléphonique à un gîte d’étape, je me décide pour un hôtel du centre.
Ma colocataire de l’avant-veille arrive sur ces entrefaites. Nous allons boire un coup et manger une glace en terrasse au soleil avant de nous séparer.

Pour moi, le reste de l’après-midi se passe à glander dans ma chambre d’hôtel avant une petite douche et un dîner dans une chouette crèperie.

Le lendemain, je rentre à Paris par le chemin des écoliers : train à vapeur des Cévennes, pose de quelques heures à la Bambouseraie d’Anduze, re-train à vapeur, puis bus jusque Alès et enfin, train. Une semaine où j’aurai bien pris l’air même si, il faut bien l’avouer, j’aurai été un peu déçue, m’attendant à trouver des sentiers un peu plus sauvage. P’têt bien qu’il faudra que je retourne en Ecosse, finalement…

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